Android, système maudit ou bienfaiteur de l’humanité?


A l’utilisation de mon iPhone 4S et de mon Galaxy S2, puis à la lecture de plusieurs articles, dont deux de bonne facture malgré leur pris-parti évident (liens en bas de cet article) je me suis posé la question citée en titre de ce billet. Une interrogation qui résume bien la dualité de la position d’Android. Tiraillé et attaqué par ses concurrents, Apple en tête, tout autant que sauveur des constructeurs alternatifs, Samsung pour ne pas le citer, qui voyaient la déferlante iPhone grignoter leurs parts de marché sans trouver de parade efficace.

A croire certains, Android approcherait de l’échec, à en entendre d’autre, Android aurait libéré le monde du joug monopolistique d’Apple. Et ils ont les deux raisons, le système de Google est à la croisée des chemins et ni Gartner (et ses prophéties de plus en plus erronées dans ce domaine) ni la constellation de journalistes envoûtés par Apple, pas plus que les financiers qui n’ont rien à faire du monde réel,  pourront dire de quoi demain sera fait. En revanche, on peut essayer de bien comprendre où nous en sommes aujourd’hui.

La source du problème: Apple

La firme de Cupertino a révolutionné le Smartphone comme jamais nous aurions pu  l’imaginer. Steve Jobs le visionnaire, génie du business model et du marketing, a nucléarisé le monde de la mobilité en présentant, il y a cinq ans déjà, son iPhone. AppStore, tactile revu et corrigé, ergonomie révolutionnaire, design, canaux de vente: tout a été pensé dans les moindres détails, même ses modèles d’affaires et de revenus étaient révolutionnaires, ne laissant aucune chance à ses concurrents de l’époque.

Alors, où est le problème puisque le produit était presque parfait? Le problème est ce « presque » qui prend la forme d’un extrémisme monopolistique et dictatorial d’Apple: censure des applications qui desservent son image ou qui pourraient inciter des clients à aller voir ailleurs, diktat du revenue model, contrôle des applications (positif à la base) devenu une course à la fuite de revenus pour Apple, captivité de ses utilisateurs, aucune compatibilité avec les standards actuels (Bluetooth OBEX archi-limité ou plugin flash en exemple, à tord ou à raison) et on en passe.

En gros, dans un monde idéal à la Star Trek, où le seul but serait de progresser pour le bien de l’humanité, sans hésiter Apple aurait dû être imposé à l’humanité pour son bienfait et ses qualités (et un design parfaitement adapté à la série du même nom). Dans un monde capitaliste où l’argent est roi, Apple est devenu un monopole qui devrait être démantelé d’urgence tant il pourrait devenir un danger pour le reste de l’économie.

L’arrivée du super héros Google

C’est alors qu’est arrivé Google, société à la philosophie identique à Apple mais sur Internet, qui a rapidement pris conscience du danger: celui qui contrôle l’objet de diffusion contrôle à terme son contenu, et donc, la publicité, principal revenu de la firme de Mountain View. Peut-être alerté par les administrateurs de Google présents au conseil d’administration d’Apple (ou le contraire, nous ne le saurons jamais) Google avait racheté, en 2005 déjà, la société Android avec pour but de lancer son propre écosystème mobile.

Stratégie adoptée par Google? Un système gratuit et libre, une ouverture du marché des applications, une ergonomie dédiée aux geeks plus qu’à Madame tout-le-monde, des possibilités techniques plus poussées (vrai multitâche par exemple) mais au détriment de l’apparente puissance. Bref, presque de l’anti-Apple pur.

Mais surtout, Google a offert aux Sony, HTC, Motorola, Samsung et autres d’enfin avoir une arme avec laquelle attaquer la marque à la pomme qui semblait intouchable. Une stratégie qui s’est avérée rapidement gagnante et qui a surfé, il faut l’admettre, sur les portes ouvertes par Apple qui a préparé le terrain en « éduquant » les utilisateurs à cette nouvelle génération d’appareils.

La guerre est déclarée, et elle sera sanglante

Le produit est lancé, de même que la guerre avec Apple, dirigé par un Steve Jobs visionnaire mais à priori aussi fou que tyrannique (il suffit de lire sa biographie pour s’en rendre compte). Le gourou d’Apple connaît déjà les dangers du monde libre: il l’a déjà subit avec le Mac contre le PC. Il sait d’avance quel sera l’avenir de son iPhone avec un concurrent tel que Google en face.

Tous les coups deviennent permis, on éjecte tout d’abord les « espions » de tout bord des conseils d’administrations respectifs, on commence à faire des procès à tous ceux qui utilisent Android, et une première chez Apple, on attaque directement le concurrent en parlant de lui dans les keynotes: la fin du mythe « notre produit seul suffit, pas besoin de parler des concurrents ». Preuve s’il en fallait de la terreur que provoque Android chez la firme à la pomme! On peut d’ailleurs remarquer que depuis le début, la firme de Cupertino a été, dans sa très grande majorité, le principal instigateur de cette guerre contre Google, qui a très peu répondu et a peut-être fait preuve d’une certaine naïveté à ce niveau.

Android, ses forces sont ses faiblesses

Google, fidèle à son esprit de liberté totale (et à une stratégie bien définie à la base) ne donne que peu ou pas de lignes directrices, laissant apparaître des applications à la qualité et au design aux antipodes: horreurs ou grandes réussites, tout dépendant du talent du développeur. Puis, victime de son succès, Android commence à dévoiler ses faiblesses: le nombre d’appareils aux multiples caractéristiques (taille d’écran, processeurs, …) provoque le même problème que sur PC et sa difficile gestion du matériel. Un ensemble hétéroclite qui rend le développement de plus en plus difficile.

C’est triste mais on le sait: trop de liberté tue la liberté, et Android n’a pas échappé à la règle. Suite au problème cité au-dessus, les développeurs ont de moins en moins osé se lancer dans de gros développement pour éviter d’avoir des problèmes de compatibilités. Un comble quand on sait qu’Android est, d’un point de vue purement technique (même si cela reste relatif) supérieur à iOS.

Enfin, en plus du matériel, Google a laissé la porte libre aux constructeurs et opérateurs de faire ce qu’ils veulent d’Android: chacun peut ajouter sa couche pour le personnaliser, se démarquer, ou le brider, à choix. Provoquant un retard énorme dans les mises à jour du système, et donc, à ajouter un problème supplémentaire sur le dos des développeurs.

Liberté du matériel mis à part, la philosophie de développement (liberté totale, puissante technique au détriment de son ergonomie, problèmes des versions d’Android installées, …) rappellent l’Amiga face à Windows, pourtant techniquement largement supérieur au produit de Microsoft, mais pour lequel on connaît son triste destin…

Google, un adolescent qui gère mal sa croissance

Google est de la génération startup, et malgré sa taille, présente toutes les caractéristiques d’un adolescent qui n’a pas encore terminé sa mue: une énergie qui laisse ses compagnons plus adultes loin derrière, une capacité à se remettre de ses échecs comme si rien ne s’était passé, une inventivité sans limite, le tout sous l’apparente méconnaissance des règles qui régissent le monde et une vision encore naïve de son environnement, comme les adolescents dont les sentiments en font des êtres facilement déstabilisables. Malgré tout, Google reste un adolescent intelligent, loin d’être naïf à tous les niveaux, et avec des professeurs extrêmement doués en affaire derrière lui.

Pourtant, la firme de Mountain View donne l’impression d’avoir de plus en plus de mal à gérer sa croissance. Pris en tenaille entre ses principes, ceux du marché, et surtout, les craintes de ses concurrents, Google a très mal géré l’ascension d’Android et toutes les répercussions que cela engendrait. Comme une fuite en avant, les versions d’Android se suivent à un rythme effréné (vitesse que les constructeurs peinent à suivre) sans régler aucun des problèmes fondamentaux: ceux techniques cités plus haut, mais aussi les manques inimaginables dans le marketing, les coups d’essais dans tous les sens et sans suivis, le modèle d’affaires et de revenus très flous.

L’ennemi de mon ennemi est mon ami

En effet, en plus d’avoir des problèmes internes, Google commence à avoir une très longue liste d’ennemis, dont la majorité est là par opportunité. Nous pourrions citer, entre autre:

  • Apple, qui voit Google comme la plus grande menace pour son environnement iOS.
  • Microsoft, qui a Google comme concurrent pour son Windows (Chrome), son moteur de recherche, son système de cartographie, son système mobile, son office (Google Docs) et même son Hotmail (Gmail). En gros, Apple paraît bien sympathique tout d’un coup.
  • RIM, qui constate qu’Apple n’avait pas autant écorné ses parts de marché que Google.
  • Et tous les autres qui profitent de cet instant de faiblesse pour attaquer le géant de Mountain View, par exemple Oracle pour ramasser quelques sous avec des brevets pour Java ou Facebook pour être sûr que Google+ ne viendra pas marcher sur ses plates-bandes.

Broyer du noir serait être aveugle

En effet, il ne faut pas non plus oublier qu’il y a foule derrière Android. Tout d’abord ses utilisateurs qui si, dans leur très grande majorité, resteront passifs en cas de conflit, n’en sont pas moins nombreux. Et certains sont aussi fanatiques que les aficionados d’Apple. Mais surtout, il y a les constructeurs, car c’est tout le contraire de ceux qui voient à court terme et qui s’imaginent que le petit bonhomme vert n’a pas aidé des Sony ou HTC. Je ne cite même pas Samsung car il est évident que c’est le plus grand vainqueur du monde Android.

Sony, pour ne citer qu’eux puisqu’ils en ont souvent parlé, ne critiquent pas le système de Google et ne remettent pas du tout en cause son modèle. Ils font preuve plutôt d’une gratitude envers Android pour leur avoir donné la possibilité de se concentrer sur ce qu’ils savaient faire: le matériel et l’expérience utilisateur. Ils ne se reprochent qu’à eux-mêmes d’avoir mal réussi ce point: la concurrence existe et Android, au contraire, met juste tout le monde au même niveau logiciel.

Ensuite le rachat par Google de Motorola et de centaines de brevets d’IBM (ainsi que d’autres actions passées ou en cours) est une préparation à une seconde étape dans l’évolution d’Android: la mise en commun des ressources pour mieux se défendre. Là encore, seuls, aucun constructeur n’aurait pu réussir de tels investissements.

Après, les développeurs, malgré tout, gagnent de l’argent avec Android, que ce soit par l’intermédiaire de ses dérivés (comme pour la Kindle Fire) ou la publicité. Car en comparant uniquement les ventes d’Android sur le Google Play et d’iOS sur l’AppStore, ce serait comme comparer le chiffre d’affaire d’un bar à vin avec les ventes de vins d’un restaurant traditionnel: l’un gagne TOUT son chiffre d’affaire avec la vente de vin, le second compense par d’autres boissons et de la nourriture. Je travaille dans ce domaine et je peux assurer que c’est le cas, empiriquement, et non sur des enquêtes dont on ne sait où sont tirés les chiffres. Même si je reconnais aisément qu’iOS rapporte plus en termes de nombre d’applications vendues.

N’oublions pas non plus que sur son concept, Android est plus sécurisé qu’iOS. Dans un cas, aucune application ne peut s’installer sans avertir l’utilisateur de toutes les fonctionnalités qu’elle va utiliser (pour peu qu’on ait le courage de les lire). Dans le second cas, celui d’Apple, il suffit qu’un des contrôleurs (humain pour rappel) loupe une faille de sécurité, ou ne comprenne pas le danger d’une fonctionnalité, pour que l’utilisateur soit à la merci d’un pirate, d’une application malveillante ou aspirant toutes ses données (plusieurs scandales récents le prouvent).

Enfin, tout simplement, si Android n’avait pas existé, les utilisateurs d’iOS en seraient peut-être encore à une version antédiluvienne, sans toutes les fonctionnalités plus ou moins directement inspirées d’Android. Et vice-versa. Peut-être que Microsoft serait resté concentré sur son Windows Phone 6. En aparté sur Windows Phone 7, ce que la firme de Redmond aurait peut-être dû faire quand on voit l’interface Metro et son succès mitigé malgré les milliards dépensés par Microsoft ou son nouveau compagnon à quatre pattes du nom de Nokia (sans remettre en cause l’aspect technique excellent du système).

Quoi qu’il en soit Android a apporté un renouveau de l’interface révolutionnaire amenée par Apple, a offert une bouée de sauvetage à de nombreux constructeurs et une source supplémentaire de revenus pour les développeurs. Sans compter, qu’au fond, Microsoft gagne plus d’argent avec Android que Google ou leur propre Windows Phone! Ils seraient bien idiots de complètement le couler.

En résumé

Avant de finir, résumons donc la situation en trois points:

  1. Google est puissant et comme tout puissant, a une liste d’ennemis longue comme le bras. Des ennemis qui s’allient car pour le moment la firme de Mountain View est leur adversaire commun;
  2. Android ne peut plus disparaître, par son nombre, par son environnement économique ou les partenaires qui en font partie;
  3. Enfin, Google fait plus d’erreurs internes que le marché en provoque.

En conclusion

Elle est simple: Google doit mettre en place plusieurs révolutions (selon une liste non exhaustive):

  • Mettre des lignes claires de développement permettant une standardisation de l’interface, une facilité pour les développeurs et la diminution des façons d’utiliser le système à bas-niveau;
  • Avec un développement un peu cadré, Google pourra séparer la mise à jour système de son interface, et donc permettre l’évolution du système plus uniformément et rapidement;
  • Forcer dans le contrat constructeur que les brevets touchant à Android soient mis dans un pot commun, permettant aux constructeurs utilisant Android de se protéger mutuellement des attaques des concurrents comme Apple;
  • Changer la licence d’Android pour empêcher des « forks » (ces versions alternatives d’Android comme celle du Kindle Fire) d’exister et de diluer les efforts des développeurs;
  • Fusionner Google Chrome avec Android, car il est évident qu’à terme, il y aura conflit entre les deux systèmes.

Android, Google, Apple ou iOS, personne n’est parfait, mais chacun doit exister car il correspond à des attentes de différents utilisateurs. Ils offrent chacun des fonctionnalités différentes et cette émulsion est saine. La concurrence a toujours existé et existera toujours, avec ou sans Android.

Mais surtout, et sans se faire d’illusions sur les buts mercantiles de Google, Android reste dans la droite ligne de cette informatique ouverte, comme on l’imaginait à ses débuts, et comme les premiers ordinateurs en kit, les Linux et autres champions du monde libre l’ont toujours défendus, et je l’espère, le défendront encore longtemps.

Alors oui, Android a réussi son pari d’ajouter une brique à la grande construction technologique, et de savoir s’il est maudit ou non, l’histoire est loin d’être terminée, et tout dépendra de Google plus que de tous les autres!

Liens

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Google+, (presque) une réussite totale?


Peut-être vais-je m’avancer un peu trop rapidement, mais il semblerait que cette fois, Google soit sur la voie de réussir là où ses deux dernières tentatives, Google Buzz et Wave, avaient échoué.

Son service Google+ reçoit de très nombreuses critiques positives. Il est vu comme simple et confidentiel, permettant (enfin) un partage clair entre sa famille, ses différents amis ou son réseau de personnes plus ou moins lointaines. Il offre des possibilités de partage très poussées, un côté sécurisé étonnant et la possibilité de rester anonyme. Un peu l’anti-monde de l’image de Google, même s’il faudrait être naïf pour ne pas en percevoir les intérêts « commerciaux », et tout ce que le géant de Mountain View pourra en tirer comme informations personnelles sur ses utilisateurs.

Malgré tout, j’espère qu’il fonctionnera et qu’il aura suffisamment de succès pour détrôner Facebook, le monstre tentaculaire. Si ce dernier a, en effet, comblé un manque dans les réseaux sociaux, je n’ai pour lui aucune admiration, encore moins pour son directeur, Mark Zuckerberg, qui n’a rien d’un visionnaire ou d’un créateur. Il suffit pour s’en rendre compte de l’écouter lors de ses différentes interventions qui, à chaque fois, me font froid dans le dos. Google ne cache pas ses ambitions commerciales, mais a conservé un esprit un peu plus ouvert (Android en est un bon exemple).

Un dernier point qui risque de donner un coup de pouce à Google+ est  qu’il est l’heure pour certains enfants de l’ère Facebook, Zinga pour ne pas le nommer, le créateur des Farmvilles et d’autres jeux du style, de se mettre en bourse et de voler de leurs propres ailes. Une autre plateforme où développer leurs applications, comme celle que présente Google, et pérenniser l’argent des investisseurs va être plus que la bienvenue.

Car ces applicatifs, ou plutôt ces petits jeux, sont ce qui a fait le succès de Facebook face à MySpace, autant que du PC face au Mac, et ce sont eux qui décideront du leadership entre Facebook et Google+. Il semblerait que Google l’a bien compris et il ne m’étonnerait pas que les rumeurs, comme quoi certains gros développeurs Facebook aient été déjà contactés, s’avèrent justes et justifiées.

Pour terminer sur une anecdote, voici le lien sur un article (en anglais) très intéressant sur un effet de bord de l’ouverture qu’offre Google+ face à Facebook: https://cpj.org/internet/2011/07/google-for-journalists-at-risk.php

Google bat Apple sur son terrain…


S’il y a bien une chose qu’il faut reconnaître à Apple, c’est l’unité de leur gamme de produits iPod, iPhone, iPad et « iMac ». Ils maitrisent tout: du matériel au système d’exploitation. A cela pourraient s’ajouter les applications, dans un certain sens, grâce à leur contrôle sur l’AppStore. Cette identité propre fait leur force: une ergonomie remarquable, une interface similaire entre les applications et un look & feel unique.

Pourtant, Google a dévoilé une fonctionnalité que j’attendais en primeur chez Apple.

Google Ice Cream

De son petit nom, il représente l’unification parfaite de tout ce qu’Android peut, ou pourra, gérer. Soit les plateformes:

  • Smartphone;
  • Tablette;
  • Télévision;
  • Baladeur numérique;
  • Appareils possédant une part informatique (chaîne hifi, électroménager, domotique…).

Car ce que vient d’annoncer Google, à sa Google I/O n’est rien d’autre qu’une déclinaison d’une seule et même version d’Android sur toutes ces plateformes, ou du moins, la possibilité de les faire interagir ensemble. Cette idée offre des possibilités infinies, un attrait considérable pour les développeurs et une bonne vision du futur de la technologie.

Je n’aborderai pas ici l’effet de bord, particulièrement inquiétant, de la mine d’informations que cela offrira à Google. Les utilisateurs dévoileront leurs goûts et couleurs, ce qu’ils possèdent, le contenu de leur frigo ou ce qu’ils écoutent: un Big Brother confortable, bien plus insidieux et dangereux que celui de George Orwell.

Cependant, cela reste de la projection d’avenir. Pour le moment, Android a réussi son pari seulement sur Smartphone. Honeycomb est peut-être une réussite technologique mais reste confiné à une part de marché encore marginale face à Apple et à sa, désormais, famille iPad. Google TV n’a pas encore réussi à percer, même si plusieurs fabricants s’apprêtent à sortir des télévisions incorporant nativement ce standard. Alors de la domotique et des appareils électroménagers interagissant avec Android, on en est encore loin.

Mais Apple dans tout ça?

Je ne me fais pas trop de soucis. A court terme, ils sauront rebondir. Le mieux qui pourrait leur arriver serait une véritable intégration, grâce à iOS 5 et Mac OS X:

  • Echange de fichiers par simple contact (par du NFC par exemple) entre deux appareils de la famille Apple.
  • Des facilités comme l’utilisation d’un iPhone pour s’identifier sur son Mac.
  • De la même façon que l’a implémenté WebOS, un transfert facilité d’une page Web (ou tout autre élément affichable) d’un appareil sur un autre.

Ainsi que beaucoup d’autres fonctionnalités que seul un fabricant comme Apple, avec ce contrôle sur toute la chaine, pourrait implémenter. Mais j’ai une crainte qui vient ternir ce beau tableau, celle que ces possibilités soient bridées. Trop bridées.

Apple réussit dans un business model qui repose sur ce contrôle à outrance et le passage obligé par ses outils maison (AppStore et iTunes pour ne citer que ces deux). Cela a d’énormes avantages. Mais à contrario, trop de libertés pour échanger des fichiers, applications ou autres informations entre leurs appareils pourraient ouvrir une faille. Non pas de sécurité, mais financière, à défaut de parler de philosophie d’entreprise. Pour ne citer qu’un exemple, je prendrais un fichier provenant d’un Mac qui pourrait être un applicatif ne provenant pas de l’AppStore d’Apple, avec une perte de revenu et le risque de piratage aggravé.

Pourtant, on le sait de façon empirique, ce genre de maux sont parfois nécessaires…

Ainsi, Apple n’aurait rien appris de Sony?

Comme Apple aujourd’hui, Sony a eu son heure de gloire. A une époque, il était difficile d’imaginer le monde du divertissement (Télévisions, Console Playstation, Chaines hifi, Balladeurs…) sans eux.

Alors, comment ont-ils pu chuter? Une réponse en deux mots:  monde fermé. Sony, c’était des standards utilisés presque que par eux, un acharnement à vouloir imposer leurs normes, une interaction qu’entre appareils de la marque… La marque nippone a démontré que le critère de réussite dans cette voie était d’être leader, et de posséder un quasi-monopole sur son marché. Ils se sont écroulés le jour où des standards ouverts ont pris la première position sur leurs propres platebandes.

Apple possède cette situation de leader dans le monde du baladeur numérique, mais il ne l’a jamais eu dans le monde informatique et vient de le perdre dans celui du Smartphone. Si Steve Jobs n’accepte pas cette réalité, il risque bien d’entrainer Apple sur une voie sans issue ou dans un marché de niche. Mais contrairement au Mac qui pouvait survivre ainsi, ce marché de niche pourrait bien être le ver de trop dans la pomme.