Google bat Apple sur son terrain…


S’il y a bien une chose qu’il faut reconnaître à Apple, c’est l’unité de leur gamme de produits iPod, iPhone, iPad et « iMac ». Ils maitrisent tout: du matériel au système d’exploitation. A cela pourraient s’ajouter les applications, dans un certain sens, grâce à leur contrôle sur l’AppStore. Cette identité propre fait leur force: une ergonomie remarquable, une interface similaire entre les applications et un look & feel unique.

Pourtant, Google a dévoilé une fonctionnalité que j’attendais en primeur chez Apple.

Google Ice Cream

De son petit nom, il représente l’unification parfaite de tout ce qu’Android peut, ou pourra, gérer. Soit les plateformes:

  • Smartphone;
  • Tablette;
  • Télévision;
  • Baladeur numérique;
  • Appareils possédant une part informatique (chaîne hifi, électroménager, domotique…).

Car ce que vient d’annoncer Google, à sa Google I/O n’est rien d’autre qu’une déclinaison d’une seule et même version d’Android sur toutes ces plateformes, ou du moins, la possibilité de les faire interagir ensemble. Cette idée offre des possibilités infinies, un attrait considérable pour les développeurs et une bonne vision du futur de la technologie.

Je n’aborderai pas ici l’effet de bord, particulièrement inquiétant, de la mine d’informations que cela offrira à Google. Les utilisateurs dévoileront leurs goûts et couleurs, ce qu’ils possèdent, le contenu de leur frigo ou ce qu’ils écoutent: un Big Brother confortable, bien plus insidieux et dangereux que celui de George Orwell.

Cependant, cela reste de la projection d’avenir. Pour le moment, Android a réussi son pari seulement sur Smartphone. Honeycomb est peut-être une réussite technologique mais reste confiné à une part de marché encore marginale face à Apple et à sa, désormais, famille iPad. Google TV n’a pas encore réussi à percer, même si plusieurs fabricants s’apprêtent à sortir des télévisions incorporant nativement ce standard. Alors de la domotique et des appareils électroménagers interagissant avec Android, on en est encore loin.

Mais Apple dans tout ça?

Je ne me fais pas trop de soucis. A court terme, ils sauront rebondir. Le mieux qui pourrait leur arriver serait une véritable intégration, grâce à iOS 5 et Mac OS X:

  • Echange de fichiers par simple contact (par du NFC par exemple) entre deux appareils de la famille Apple.
  • Des facilités comme l’utilisation d’un iPhone pour s’identifier sur son Mac.
  • De la même façon que l’a implémenté WebOS, un transfert facilité d’une page Web (ou tout autre élément affichable) d’un appareil sur un autre.

Ainsi que beaucoup d’autres fonctionnalités que seul un fabricant comme Apple, avec ce contrôle sur toute la chaine, pourrait implémenter. Mais j’ai une crainte qui vient ternir ce beau tableau, celle que ces possibilités soient bridées. Trop bridées.

Apple réussit dans un business model qui repose sur ce contrôle à outrance et le passage obligé par ses outils maison (AppStore et iTunes pour ne citer que ces deux). Cela a d’énormes avantages. Mais à contrario, trop de libertés pour échanger des fichiers, applications ou autres informations entre leurs appareils pourraient ouvrir une faille. Non pas de sécurité, mais financière, à défaut de parler de philosophie d’entreprise. Pour ne citer qu’un exemple, je prendrais un fichier provenant d’un Mac qui pourrait être un applicatif ne provenant pas de l’AppStore d’Apple, avec une perte de revenu et le risque de piratage aggravé.

Pourtant, on le sait de façon empirique, ce genre de maux sont parfois nécessaires…

Ainsi, Apple n’aurait rien appris de Sony?

Comme Apple aujourd’hui, Sony a eu son heure de gloire. A une époque, il était difficile d’imaginer le monde du divertissement (Télévisions, Console Playstation, Chaines hifi, Balladeurs…) sans eux.

Alors, comment ont-ils pu chuter? Une réponse en deux mots:  monde fermé. Sony, c’était des standards utilisés presque que par eux, un acharnement à vouloir imposer leurs normes, une interaction qu’entre appareils de la marque… La marque nippone a démontré que le critère de réussite dans cette voie était d’être leader, et de posséder un quasi-monopole sur son marché. Ils se sont écroulés le jour où des standards ouverts ont pris la première position sur leurs propres platebandes.

Apple possède cette situation de leader dans le monde du baladeur numérique, mais il ne l’a jamais eu dans le monde informatique et vient de le perdre dans celui du Smartphone. Si Steve Jobs n’accepte pas cette réalité, il risque bien d’entrainer Apple sur une voie sans issue ou dans un marché de niche. Mais contrairement au Mac qui pouvait survivre ainsi, ce marché de niche pourrait bien être le ver de trop dans la pomme.

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